Un bel appétit d’Ogres

105137-sortie-du-nouvel-album-des-ogres-de-barback-vous-memmerdezVous m’emmerdez ! est le nouveau cri de guerre au fronton du nouveau disque des Ogres de Barback. Vingt ans d’engagements musicaux n’ont pas émoussé l’inspiration  d’un groupe qui se bat encore et toujours pour la tolérance et la liberté.

La scène est leur terrain d’élection, là où la fratrie des Ogres de Barback peut exprimer sa pêche et partager un univers musical où les accents du musette le dispute au rock, aux sonorités world, voire au hip-hop. Là où ils reviennent pour célébrer ce huitième album pour une tournée hexagonale.

Pour ce disque marquant deux décennies de partage, le groupe n’a pas baissé sa garde et convié aussi biel la fanfare béninoise Eyo’nlé et Csokolom, venu de l’Europe de l’Est ou le chanteur Rom Gavrish Borki. Sans oublier des vieux compagnons de jeu, tels le groupe Les Têtes Raides (sur Crache) et Lo Jo (Sacré fils). Le tout au service de chansons comme autant de scènes de vie, croquées sur le vif avec un sens consommé des images et des formules qui touchent. Chanteur et parolier assidu du groupe, Fred souligne : « Sur chacun de nos albums, il y a des invités. Au minimum un, parfois vingt. On procède de manière très simple : on rencontre des gens sur la route, on sympathise. Ils sont adoptés ou nous adoptent. »

Au passage, les Ogres signent deux beaux hommages. L’un, Pages de ma vie, est dédié à Allain Leprest qui a décidé, au terme d’une longue maladie, de faire le grand saut de l’autre côté. Et dont les médias n’ont pas assez reconnu le grand talent et la force d’inspiration. « Pour moi, dit Fred,  c’était un artiste à l’ancienne avec une force de caractère incroyable et une écriture unique. Quand tu le voyais sur scène, tu prenais une claque monumentale ! » L’occasion de célébrer en rythme la vie d’un artiste qui a brûlé la sienne comme un paquet de gitanes avec ces mots : « Abandonné, je fonce et puis j’oublie/ J’y pense… Qu’elles sont belles les promesses de la vie ! » L’autre hommage est en forme de clin d’œil à Renaud  termine ce voyage  : c’est Ma guinguette préférée. « J’ai dans un coin de tête/ Semblable à mon idole/ Une petite guinguette/ Qui parfois me console. »

Les-Ogres-de-Barback-ip

Deux décennies de création n’ont pas émoussé la rage de vivre du collectif et son esprit rebelle. Il le prouve dans Condkoi et son récit libertaire qui aurait sans doute plus à Brassens avec le personnage décrit avec humour du gendarme à cheval. Et ces vers pour conclure l’histoire : « Ce ne sont que des mots/ Qui forment mes couplets/ Des mots, des idéaux/ Jamais des pistolets. » Il faut aussi évoquer, bien sûr, la chanson-titre en forme de cri permanent pour défendre la liberté de pensée et se moquer de l’étroitesse d’esprit de certaines chapelles. Commentaires de Fred  : «Vous m’emmerdez !» est un titre provocateur, un coup de gueule contre le repli sur soi et pour l’ouverture d’esprit. Il y a bientôt un an, la loi sur le mariage pour tous était adoptée et je ne comprends pas pourquoi certains s’opposaient à ce droit, cet album est contre les empêcheurs de vivre ensemble. »

Avec les Ogres de Barback, partager n’est, on le voit, pas un vain mot et leur colère n’est jamais teintée de pessimisme mais d’une foi formidable en l’homme. Bref, un disque tonique en diable.

(*) Disque Irfan

Dos miné en version « live »

Sacré fils avec la fanfare Eyo’nlé

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