Patachou : ce qu’est une grande voix de la chanson

FA5405Nouveau coffret des éditions Frémeaux & Associés, celui consacré à Patachou 1950-1961 a le mérite de montrer aux plus jeunes générations ce qu’est une grande interprète. Et qui fut aussi une sacrée découvreuse de talent.

Henriette Ragon -le vrai patronyme de Patachou– est née il y a des lustres, le 18 juin 1918. D’abord dactylo, elle a croisé la route de Raoul Breton, célèbre éditeur -des chansons de Charles Trenet notamment- qui dut quitter la France en 1939, à la déclaration de guerre. Cela va conduite la future Patachou à devenir secrétaire chez Gnome-Rhône où elle fera connaissance avec Jean Billon qui devint son époux. En 1942, le couple s’installe dans le Loiret à Lorris où Jean Billon s’engage dans la Résistance avant de participer à la Libération de Paris avec lé général Leclerc. Après la guerre, le couple plante ses pénates dans un appartement tout près de la place du Tertre. Lui ouvre un magasin d’antiquités quand Henriette prend la direction d’un magasin de chaussures pour dame. Elle connaîtra d’autres activités commerciales, mettra au monde un garçon, Pierre -qui a connu un succès certain ensuite dans la chanson, notamment comme auteur pour Johnny Hallyday- et achètera avec son mari un restaurant. Et la chanson dans tout ça ?

Un soir, un groupe de médecins entonne des chansons à boire et Henriette se glisse dans les chœurs. Devant le succès, le phénomène se reproduit et elle transforme rapidement le restaurant en cabaret qui accueille un public fourni qui vient s’encanailler en chantant du Bruant et des chansons de salle de garde. C’est le patron de France Soir qui lui trouve son nom de scène l’ayant qualifié dans un article de « Lady Patachou ». Aussitôt écrit, aussitôt adopté. Dans ce cadre festif, un client couple la cravate de son voisin à l’aide d’une paire de ciseaux. Cela deviendra la tradition de l’établissement de la dame. En 1949, le grand découvreur de talent Jacques Canetti lui propose de débuter sur la scène du « Central de la chanson », près du Faubourg Montmartre, et ensuite aux « Trois Baudets », qu’il dirige aussi et qui verra passer les Brel, Gainsbourg, Vian et autre Félix Leclerc. Et en mars 1950, Patachou enregistre des premiers 78 tours qui seront suivis de bien des 45 tours.hqdefaultUn certain Maurice Chevalier tombe sous le charme de la dame dont il apprécie l’authenticité, l’art du geste, l’expression. En 1952, par l’intermédiaire de Pierre Galante, journaliste, et du chansonnier Jacques Grello, elle rencontre Georges Brassens qui fait craquer la dame par son talent et son univers si original et décapant. Elle sera la première à graver sur cire les œuvres du Sétois bourru comme Le Bricoleur; La Prière, Brave Margot. La carrière de Patachou ne connaîtra plus de repos et, de scène en scène, avec un pif extraordinaire pour dénicher de belles chansons, l’ancienne dactylo connaîtra les joies de la vie d’artiste, devenant aussi à l’orée des années 80,  une comédienne accomplie.

Ce coffret témoigne de la puissance d’interprète de Patachou avec un choix de chansons présentées de façon chronologique. Du Brassens notamment avec le beau duo swing Maman, Papa mais aussi Guy Béart et son Bal chez Temporel ou encore Le Piano du pauvre, de Ferré…sans oublier le classique de Bruant, joliment interprété, A Saint-Lazare.

Avec sa gouaille mais aussi son raffinement et sa classe, Patachou demeure, à travers de telles chansons, une de nos grandes interprètes. Ce coffret lui rend les honneurs et c’était la moindre des choses.

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