Quand Nougaro est toujours là !

cover_quand-le-jazz-est-la-1024x1024-1Dix ans que la camarde a emporté Claude Nougaro. Une série de disques et publications rendent hommage au taureau toulousain qui a marié avec flamme le jazz et la poésie, notamment un CD qui fait une belle synthèse de son inspiration, Quand le jazz est là (*).

En près de trente albums, Claude Nougaro a fait swinguer les mots, mariant sa poésie rugueuse au jazz bien sûr mais aussi aux sonorités africaines et brésiliennes. Avec des sommets d’écriture comme sa Locomotive d’or. « Par mes origines sarrasines, il y a certainement en moi une racine crépue. Sans cela je ne vois pas comment, à dix ans, perdu dans un faubourg de Toulouse, j’aurais été fidèle auditeur d’une émission de jazz plus ou moins clandestine », soulignait-il en 1985. Nougaro qui avait si bien célébré, sur une musique du Zaïrois Ray Lema, cet Art mineur, sur lequel Gainsbourg avait ironisé lors d’ un affrontement verbal célèbre -et alcoolisé- à la télévision avec Guy Béart. Des ces vers : « Dans la mine où je m’immerge. Charbon rouge de mon cœur ? / Un projecteur sur le front/ Comme un casque de mineur/Artiste mineur de fond. »

Ce mineur de mots a déniché quelques pépites de la langue française pour signer des chansons aussi fortes que diverses et regroupées dans ce disque : Bidonville; Brésilien mais aussi Tendre, si délicat ou Gloria. Dans ce disque, en forme de condensé de mots et d’émotion, on retrouve « l’homme aux semelles de swing », comme le surnomma son ami Christian Laborde. Ceux qui ont eu la chance de voir Nougaro en scène ne peuvent oublier la manière d’interpréter de l’artiste, vrai bluesman français dont la musique des mots colle à l’âpreté de l’existence. Avec une audace dans les thèmes, et jamais la crainte de parfois utiliser des clichés pour, en se les appropriant, en faire sa force. Un troubadour cathare qui boxait sur scène avec les mots de son cœur.

(*) Disque Universal Music

Pour poursuivre la conversa-songs

I-Grande-57410-nougaro-au-fil-des-mots.netDans un livre, Nougaro au fil des mots (Ed. Ouest France), Jacques Hébert revient sur l’univers du Toulousain à travers des entretiens avec l’artiste et ses proches. On y découvre par exemple ses relations avec Jean Reno qui se souvient d’un dîner à la Brasserie Lipp après une pièce de théâtre : « Sur la nappe de la table, il a fait un dessin, dans le style de Cocteau. Un dessin qui s’appelle « La Croisée des chemins ». Je l’ai toujours chez moi, encadre. Il est à la maison, à New York. Claude, j’adorais être son petit frère. Dans tous les sens du terme. On a fait des petites et grandes fêtes. »

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