Quand le rap célèbre Léo Ferré…

ferre-ce-rap1Les reprises ne sont pas toujours de bonne augure, loin de là. Pourtant La Vie d’Artiste fait un travail original dans Ferré ce rap (*),  solide relecture de l’œuvre du créateur d' »Avec le temps ». Une réussite qui prouve la grande modernité de l’œuvre de Ferré..

L’aventure a commencé il y a cinq ans quand un duo de beatmakers rennais, Namsen, créait un premier instrumental. L’idée a fait son chemin et un groupe, La Vie d’artiste, a été spécialement créé pour l’occasion avec quatre artistes installés à Orléans : Supafuh aux machines et aux platines, David Hazak à la basse, Pierre-Erwa,  Grenet à la batterie et, pour la voix,  Trublion. En 2010, celui-ci avait déjà revisité l’œuvre de Renaud. Il dit : « J’écoute beaucoup de musiques différentes, et me suis plongé un temps dans la chanson française. J’ai vraiment apprécié les propos, la poésie, les textes de Ferré, quitte à les lire sans musique. »

Pour réussir cette incursion dans le monde de Ferré, le quatuor n’a pas hésité à étoffer le groupe. Ainsi Lila Tamazit débarque dans la version très belle de Beau Saxo et Valerian Renault apparaît pour reprendre le long texte, pierre angulaire de l’univers de Léo : La Mémoire et la Mer,  long poème qui a servi de matière à plusieurs  de ses chansons.

Dans ce travail de relecture, le groupe a dû simplement faire avec les demandes des ayant-droits de Ferré qui ont demandé de ne mélanger ni les paroles, ni les musiques des différents titres. In fine, cette contrainte procure l’armature solide de ce projet. « Nous avons voulu sampler de façon plutôt classique, un peu dans la veine de ce qu’Imhotep a pu faire pour IAM, avec un beat épuré. Seulement, les textes pharaoniques appelaient des lignes de basse, jouées par David Hazak. Nous avons également ajouté une batterie pour le côté live, et en renfort sur des beats minimalistes », souligne Supafuh.

maxresdefaultLe résultat est tout à fait passionnant et ne dénature pas l’œuvre de Ferré, proposant une approche plus moderne de ce répertoire en montrant la modernité de son inspiration.  Que ce soit dans la version de L’Affiche rouge ou de La Marseillaise, La Vie d’artiste réussit son pari. Et, comme Ferré avait déjà un phrasé proche du rap dans des monologues comme La Solitude et Le Chien, cela a permis à cette jeune génération de travailler à une nouvelle déclamation des vers qu’ils soient libres ou non. Et à faire découvrir une œuvre prolifique à des auditeurs qui n’avaient peut-être pas le goût des chansons d’un artiste mort en juillet 1993.

En s’affranchissant déjà des mesures et du carcan des vers, Ferré avait ouvert bien des voies. La Vie d’artiste poursuit, à sa façon, sa manière d’inventer une poésie jamais figée et qui porte un regard toujours aigu sur la société et la vie moderne.

(*)  Stalagmythe/ MVS Distribution

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