C’est la Rue qui est à eux !

LRKDepuis plus de dix ans, Florent Vintrignier, Olivier Leite et Mourad Musset – alias La Rue Kétanou – promène leurs chansons en liberté sur les routes de France et de Navarre.  Les voilà de retour avec Allons voir (*), sixième album où ils entonnent des chansons toujours brutes de décoffrage et dopées par un désir de liberté et une révolte tonique.

Avec la bande de la Rue Ketanou, née d’une rencontre au Théâtre du Fil, compagnie du spectacle de Savigny-sur-Orge, la chanson se décline sur les routes, de bar en scène, petite ou grande mais avec le souci permanent de recevoir les vibrations des spectateurs pour donner plus d’âme à leurs chansons. « Quand une chanson a été écrite et jouée dans son coin, il lui manque souvent quelque chose, qu’elle trouve son rythme, son souffle et aussi son âme. On s’est rendu compte que le public pouvait changer notre vision d’une chanson« , souligne Florent Vintrignier qui eut, comme maître en écriture, un certain Allain Leprest. Dès la première écoute d’Allons voir, on retrouve ce côté brut, les claquements secs des doigts sur les cordes en acier des guitares, dans un disque qui s’ouvre par une chanson évoquant la route et la mélancolie engendrée par les tournées. « Allons voir puisqu’elle nous réclame/Allons voir ce que demande la foule/ Veut-elle qu’on lui rachète son âme/ Ou veut-elle qu’on la défoule… » 

Entre folk bien de chez nous et énergie manouche, le trio ne change pas de cap et crie ses révoltes contre un certain ordre social et une pensée commune (Interdit) sans jamais se départir du rêve d’un âge d’or, ni perdre son sens de l’humour. « On sait que les branches ne poussent pas au hasard, que si le bonheur se joue de nous c’est qu’il doit être quelque part… alors trouvons-le ! » (Negrita) Le trio semble revendiquer plutôt un pessimisme gai -ou un optimisme amer- quand il évoque une tonalité parfois mélancolique de l’opus. Propos : « C’est plutôt de la « saudade » : de la mélancolie qui ne serait pas triste. Parce qu’il y a toujours une fenêtre de sortie dans nos chansons, un endroit où on peut s’évader, et qui laisse entrer la lumière. C’est comme la musique des marins pêcheurs : on ne sait jamais s’ils vont revenir, mais ce n’est pas triste. »


lA-RUE-kETANOU-630x0 Pas étonnant alors que, sur la pochette de l’album, figure la figure d’un marin pêcheur qui regarde au loin, avec sa gueule burinée par les aléas de la vie. Une manière aussi de symboliser le plaisir des rencontres comme le signale la chanson à boire, Le Capitaine de la barrique, dans une interprétation que n’aurait pas renié Renaud, entre éclairs de guitare et souffle de l’accordéon.
Au passage, la Rue Ketanou ne réussit jamais aussi bien son coup que lorsque le trio sait jouer sur plusieurs niveaux comme dans la chanson sur Le Chien où, cette histoire d’abandon en forme de métaphore d’une rupture amoureuse est l’occasion de se moquer du racisme et de célébrer le métissage. Et puis, malgré certains facilités de rimes au détour d’une ou deux chansons, il y a une jolie chanson sur la musique et les rythmiques latines, avec accompagnement de charengo, dans La Guitare sud américaine (voir ci-dessous).

Nourri par l’expérience du Théâtre du Fil qui promène le théâtre dans des lieux inhabituels, le trio -soudé mais dont chaque membre vit des expériences personnelles- revient marquer joliment de sa griffe la scène française.

(*) Disque LRK Productions/ L’Autre Distribution

Avec la Rue en un clic

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