Les 1000 visages de Nino Ferrer

1504-resizeAndCrop-190x140Un coffret de 14 CD permet de retrouver Nino Ferrer dans sa complexité. Entre bluesman français et cornichons à la sauce rock, on retrouve un artiste aux talents multiples qui ne furent pas assez  reconnus de son vivant.

Pour l’état civil Agostino Ferrari, né à Gênes le 15 août 1944, il a trouvé son nom d’artiste –Nino Ferrer– en France au milieu des années 60 avec des tubes parodiques et loufoques qui ont marqué les ondes, comme Mirza et Les Cornichons. Paradoxe d’un artiste qui nino_and_radiahaurait rêvé – cela a inspiré une de ses belles chansons- « d‘être noir » et qui a longtemps été prisonnier de cette image de déconneur de service. Malgré le succès et l’argent, il gardera au plus profond la blessure de ne pas être reconnu pour ses capacités de bluesman et de soulman. Tout l’intérêt de ce coffret est de nous permettre de retrouver l’artiste dans sa complexité ainsi en découvrant les instrumentaux qui sonnent rondement du disque Inédits et Bonus avec des mélodies comme Jazzy Blues. Ce fut un des paradoxes et une souffrance d’un chanteur populaire qui se rêvait un autre destin. Et qui mettra fin à ses jours dans son village de Montcuq en août 1998.

nino-ferrerA réécouter toutes ses chansons, quinze après sa disparition, on mesure à quel point Nino Ferrer fut un artiste complet et curieux qui, mêlant soul, pop, swingue, rhythm & blues dès le début des années 60, s’inscrit en marge de tous les grands courants et creuse son sillon original et puissant. L’album Métronimie lui permettre sur le tard d’échapper aux étiquettes et de figurer aussi comme figure du rock progressif. Le début d’une manière plus complexe de composer. En 1973, Ferrer acheta une maison de style colonial à Rueil-Malmaison, La Martinière : il la fera équiper d’un studio d’enregistrement. Un lieu qui  lui inspire alors les paroles de Le Sud, adaptée d’une chanson brésilienne. Un tube qui va lui rapporter pas mal d’argent et qui lui permettra d’acquérir sa maison du Lot où il continua sans cesse de créer même si le succès ne fut pas toujours au rendez-vous. Et où il se livrera à une autre de ses passions : la peinture.

Mais, cet ultra-sensible ne pouvait se résoudre à n’être reconnu que pour trois ou quatre chansons, lui dont la palette contenait tant de couleurs. Pas étonnant qu’il ait, en fin de vie, célébré dans un album La Désabusion, comme mal de cette fin de siècle.

C’est, en tout cas,  à cette diversité d’inspiration que ce coffret rend hommage avec notamment les versions étrangères de la superbe Rue Madureira ou du Telefon (pas mal en allemand). Nino Ferrer qui disait : « Comme je fais des chansons différentes selon les humeurs du jour, les gens ne savent pas très bien qui je suis. Parce que « Le Telefon » et « La maison près de la Fontaine », ce n’est pas la même chose. »Pour autant, il refusait de renier une de ses œuvres, faisait des apparitions de plus en plus lointaines dans les médias, comme pour ne pas céder aux trompettes mal embouchées de la notoriété.

Ce coffret permet une chose : retrouver un tel artiste dans l’infinie diversité de son talent. Et ce n’est pas rien

nino ferrer – Reportage par bisonravi1987
(*) Disques Barclay

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s