Gréco : le bel hommage à l’ami Brel

Capture d’écran 2013-10-28 à 11.54.57Question interprétation, Juliette Gréco peut en remontrer à pas mal de croque notes en mal de notoriété. Avec son Gréco chante Brel (*), elle rend un très bel hommage à son vieil ami même si, parfois, les arrangements écrasent un brin la force de ses versions.

A 86 ans, Juliette Gréco garde la même force dans la voix, la même puissance d’interprétation. Quand elle se saisit d’une chanson de l’ami Brel, on ne perd jamais le fil, elle lui redonne même une certaine verdeur. Il suffit pour s’en convaincre LA chanson de Brel, et qui a fait se casser la gueule à bien des chanteurs : Amsterdam. En s’emparant de ce classique que le chanteur ne grava jamais autrement sur disque qu’en version scénique, à bout de souffle, elle lui donne une profondeur, une mélancolie qui ne peuvent que saisir l’auditeur. Pour donner la raison de cet hommage, cette artiste au long cours qui a toujours chanté Brel sur scène dit simplement : « L’idée n’est pas mienne, c’est une
proposition que l’on m’a faite à l’occasion du trente-cinquième anniversaire de sa mort. J’avais une grande humilité, mais finalement, j’ai pensé que c’était le moment de lui dire que je l’aimais, et merci.« 

Grattant le texte « brélien » jusqu’à l’os, elle en exprime toute la violence, toute la hargne mais aussi ce formidable appétit de vivre qui apparaît dans des chansons comme Tango funèbre. Et quand elle s’investit dans un classique Ne me quitte pas, qu’elle n’aimait pas beaucoup -elle le trouvait trop larmoyant- c’est pour lui insuffler sa rage, sa colère face à un chagrin d’amour. Pour être honnête, et malgré la réelle qualité des arrangements de Gérard Juliette Greco (29-03-1966)Jouannest -pianiste et arrangeur de Brel et compagnon de Juliette- le grand orchestre qui l’accompagne est parfois, sinon pompeux, du moins trop présent, voire trop chargé. On le mesure dans l’ultime version du disque et cette Chanson des vieux amants, porté par un violoncelle mélancolique. Là, dans l’épure, on frise le sublime. Pourtant, malgré la présence de l’orchestre, Juliette Gréco parvient à exister de manière très personnelle dans cet hommage.

Pour le reste, Gréco connaît Brel sur le bout des notes. Brel, croisé en 1954 et avec lequel elle entretint une vraie histoire d’amitié jusqu’à la fin. Brel qui lui signa même Je suis bien, Vieille (initialement conçue pour Brigitte Bardot). Bref, Juliette offre des versions aussi poétiques que personnelles au grand Jacques, portées par le souffle de l’amitié et de la passion. Des hommages de cette trempe, on en redemande.

(*)Juliette Gréco chante Brel, ( Disque Deutsche Grammophon/Universal Music)

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