Ils chantaient l’Anarchie

3561302541228_600Les chansons de la mouvance anarchiste, c’est toute une période de l’histoire de France depuis 1820. Grâce à L’Esprit anarchiste (*), on peut découvrir des mélodies qui ont accompagné une histoire politique riche et souvent douloureuse. Un document tout à fait passionnant.

Particulièrement actif en France entre 1880 et 1920, marquée par quelques attentats  (avec l’assassinat du président Sadi Carnot par un jeune anarchiste italien le 24 juin 1894) ou les actions de la célèbre bande à Bonnot, le courant anarchiste, rejet de toute forme d’autorité et célébration d’une vraie fraternité entre les citoyens, est très diverse. Ne préconisant pas à l’origine le recours à la violence, l’anarchie conduisit certains à utiliser l’action directe, sans doute devant la difficulté de faire progresser leurs idées dans le processus démocratique classique. N’ayant jamais réuni, contrairement à l’Espagne des années 30, à  fédérer un très grand nombre de militants, ce mouvement anarchiste a pourtant exercé une vraie influence sur certaines couches de la société française à certaines époques.

Dans l’expression de ces idées, dans ces rêves utopiques, la chanson joua un rôle non négligeable comme le montrent les pièces réunies dans ce coffret où figurent aussi bien des artistes militants que des poètes, d’Aristide Bruant à, bien sûr, Léo Ferré qui marqua les ondes de ses Anarchistes, où il rendait hommage à Maurice Joyeux, une des figures anarchistes françaises, sans oublier son Ni Dieu, ni Maître, repris ici dans l’interprétation moins connue de 2464-christian-paccoudChristian Paccoud (ci-contre). Avec des textes comme La Canaille; Le Grand Métinge du Métropolitain ou encore Le Triomphe de l’anarchie, au début 1901, Le Père la révolte, de Montéhus, on mesure à quel point ces idées ont pu irriguer la culture populaire. Et marqué aussi tout un courant anti-conformiste, du féminisme aux revendications homosexuelles.

L’intérêt de ce recueil est de ne pas rassembler que quelques œuvres estampillées par une organisation anarchiste mais aussi des textes qui s’inscrivent dans cette lignée comme La Chanson du décervelage, d’Alfred Jarry,  ici interprétée de façon savoureuse par Rosy Varte et Georges Wilson. Sans oublier le surprenant La Espero (L’Espoir), chanté en esperanto par Marguerite Sautreuil, comme symbole fort de l’internationalisme du mouvement.

Se jouant habilement de la qualité technique -même si certaines prises portent trace de leur âge- L’Esprit anarchiste propose un travail tout à fait remarquable sur cette thématique.

(*) Disques Frémeaux & Associés

oswald_marianne_03Marianne Oswald ou Marc Ogeret, deux interprètes d’airs anarchistesMarc+Ogeret+MarcOgeret
 
 
 
 
 
 
 
 
                                          Léo Ferré en 1969 à Bobino et son « Ni Dieu ni maître »
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