Le Forestier : la force tranquille

u0602537340385Quinzième disque de Maxime Le Forestier, Le Cadeau (*) a été salué dès sa sortie par bien des louanges. Le baladin a même eu les faveurs du divan rouge de Michel Drucker où il chantait même en duo avec Carla Bruni ! Avec un peu de recul et loin du martelage de la promotion, on peut mesurer un album à sa juste valeur.

Maxime Le Forestier est un fin compositeur.  Il le prouve en dix chansons qui portent les couleurs de musiques venues d’ici ou de plus loin avec des chœurs tahitiens par exemple ou d’autres où Sébastien Quezada, son percussionniste qui est, au passage, le fils d’un des membres des Quilapayun. Sans oublier Camille qui fait une apparition (même si ce n’est pas le morceau le plus mémorable) sur La Folie. Des mélodies qui coulent douce et nous emportent dans un voyage d’une plage à l’autre sans à-coups. Evoquant le mariage des mots et des notes, Maxime déclare : « La chanson, c’est la superposition de deux langages: le texte, compréhensible par le cerveau, et la musique, par les sens. La superposition de ces deux langages peut en donner un troisième,
nous emmener ailleurs. Ça peut adoucir le propos, ça peut l’effacer. Mais ça peut aussi le sublimer. » Côté musical, il a su faire appel, une fois encore,  à un mélodiste hors pair comme l’ami Julien Clerc pour la chanson d’ouverture et qui évoque… la chanson : Le P’tit air.

Maxime-LF-500x406Côté paroles, Maxime Le Forestier n’a pas griffé tous les textes et fait appel à des auteurs très variés : Claude Lemesle et surtout le comédien et ami du Conservatoire Jacques Weber, auteur de la belle Impasse des oiseaux, un beau texte sur la nostalgie amoureuse. Au final, ce n’est pas le meilleur Le Forestier mais un disque où s’exprime une certaine force tranquille à l’image de l’image sage qui illustre la pochette : depuis Passer ma route, l’artiste préfère suivre son bonhomme de chemin et évite des textes trop directement en prise sur la réalité. Des chansons pas directement engagées mais point indifférentes: ainsi quand il  évoque le parcours tragique de l’Africain clandestin dans La P’tite hirondelle, de très belle facture. En revanche, sa critique -justifiée- de certains médias et de la presse à sensation de La Bête curieuse manque un brin de souffle pour toucher juste. Là où Maxime Le Forestier ne surprend plus c’est quand il joue sur les mots, non sans habileté mais sans vraiment user d’originalité avec des chansons comme Les Coups.

L’album d’un artisan scrupuleux mais auquel il manque sans doute une petite flamme pour qu’on lui déclare la nôtre sans rechigner.

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