Bill Deraime, fidèle à ses combats

apresdemainbillderaimeRetour du bluesman à la voix cassé et aux éclats de guitare avec Après demain (*) où il reste fidèle à son univers, à sa foi et à ses colères.

Bill Deraime le dit sans détour : « La foi, l’espérance, protester contre l’injustice : c’est l’essentiel de ma vie. » Dans la chanson-titre, il lance ainsi :

« Si par malheur demain
Demain est com’hier,
Elle dit qu’après demain
Le passage est ouvert,
Et chaque instant me redonne
Un rayon de sa lumière
Chaque instant me redonne
Un rayon de sa lumière « 

Dans ce 18ème opus – le premier est sorti en 1979- il offre un mélange de blues, de funk et même de reggae, se promène à sa manière, chaloupée sur Les Cactus, de Jacques Dutronc, accompagné de figures musicales comme Jean Roussel,  arrangeur de No Woman No Cry, de Marley, mais qui fut aussi le clavier de Cat Stevens -il l’a rejoint à Bercy lors de son retour sur scène en mai 2011 pour un show vibrant- ou encore Sanseverino pour Bobo Boogie. Une chanson  qui termine avec peps  l’album par ce  duo jazz manouche des familles où il est question de la fuite dans les paradis artificiels, un vieux combat pour un homme qui, à une époque, a créé un centre d’accueil pour les drogués et s’est investi dans ce combat durant près de deux ans. « Une expérience qui me révèle l’importance de la vie », dit-il.

« L’important, c’est la rencontre », dit ce chantre de l’amour qui a toujours vécu en marge des normes médiatiques sans jamais s’isoler dans sa tour d’ivoire.  S’il reste porté par une foi profonde, Deraime n’en fait point un étendard et évoque « un album d’espérance mystique » tout en soulignant : « Je suis chrétien mais un athée, un musulman ou un bouddhiste peuvent s’y retrouver. Il y a une vraie unité dans l’amour et la miséricorde. » Et, quand il s’agit de chanter Esclaves ou exclus », il ne met pas sa langue dans sa poche pour décrire un monde peu enclin à la clémence pour les plus démunis. Ce qui ne l’empêche pas de signer un bel hymne au rêve.

Un univers rocailleux et chaleureux avec un barde qui sera sur la scène de l’Alhambra à Paris, le 12 juin prochain. Un blues qui réchauffe l’âme pour marquer la carrière hors des sentiers battus  d’un artiste qui, malgré quelques approximations vocales dans cet opus, continue de creuser un sillon très personnel.

(*) Disque Dixiefrog/Harmonia Mundi

Le clip de Esclaves ou exclus

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3 réflexions au sujet de « Bill Deraime, fidèle à ses combats »

  1. Super texte qui traduit bien la réalité de notre société! Super musique!! C’est bien notre Bill!!!!!!!

  2. la vérité dans ses textes, l’émotion pure dans sa voix, son état d’esprit, font de Bill un exemple pour nous, j’espère qu’il continuera longtemps encore à nous faire rêver!!!

  3. Toujours des textes, des réflexions intelligentes, percutantes, ici poignantes, desservis par une voix aussi « blues », super ce type!!!!!il
    Oui comme dit Murielle, qu’il continue à nous faire espérer et rêver!

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