Gainsbourg enfin reconnu…

Capture d’écran 2013-02-05 à 15.18.24Le volume 2 du coffret Serge Gainsbourg et ses interprètes (*) offre l’integralité des créations de l’artiste au début des années 60, une période charnière où le rock n’roll et les débuts du yé-yé changent la donne de la chanson.

Début 1960, un jeune loup publie chez Vogue son premier 45 tours : T’aimer follement. Il s’agit de Johnny Hallyday, 16 ans à peine. En quelques mois, il va éclater. Pour Serge Gainsbourg, c’est une époque en demi teinte où l’auteur-compositeur-interprète se cherche un peu. Heureusement, s’il continue d’apparaître à la télévision, pas toujours très à l’aise, il part tourner trois péplums en Italie dans le rôle, bien sûr, de parfait salaud. Une manière d’arrondir ses fins de mois. Gainsbourg n’a pas encore de rêves de réalisation et on sait qu’il préférait peindre que chanter. Cette chanson dont il dira des années plus tard , fidèle à son sens de la provocation, que c’est un « art mineur.« 

Pourtant, en 1961, il marque les ondes d’une mélodie : La Chanson de Prévert.  Si Juliette Gréco a d’abord refusé d’interpréter ce texte écrit pour elle, c’est Juliette Arnaud qui la présentera en avant-première à la télévision. Ce coffret montre comment, à partir de cette chanson, un frémissement se produit et d’autres interprètes mettent du Gainsbourg dans leur répertoire.  Hélène Martin pour Ronsard 58 par exemple.  Et, même si ce ne fut pas sans mal, le beau Serge parviendra à faire chanter deux textes à Jean-Claude Pascal : Les Oubliettes, En relisant ta lettre. On l’entend ici en concert en 1961 donner sa version du Poinçonneur des lilas.

L’auteur n’oublie pas de chanter ses œuvres et sort L’Etonnant Serge Gainsbourg, que l’on retrouve en ouverture du coffret. En fin amateur de poésie, il y célèbre Victor Hugo dans la belle Chanson de Maglia, et offre à Alain Goraguer l’occasion de signer la partition de Les Femmes, c’est du chinois.

En 1962, le frémissement est là avec des chansons comme Accordéon, interprétée par Juliette Gréco, ou encore la belle Valse de l’au-revoir. Lui commence à s’inspirer des airs à la mode pour les détourner à sa façon, ainsi avec Requiem pour un twisteur.

D’autres continuent de populariser son répertoire : de Philippe Clay (Chanson pour tézique) à Petula Clark, via Isabelle Aubret ou encore Catherine Sauvage qui venait de permettre  à un certain Léo Ferré de rencontrer le succès public. Et qui signa alors  de belles interprétations de Gainsbourg : Les Goémons; Baudelaire notamment.

C’est à ce moment important de la carrière du jeune Gainsbourg que ce disque offre un coup de projecteur fort réussi. Avec, en bonus, un extrait d’une version piano de Les Amours perdues, par Juliette Gréco, ou quelques parties instrumentales signées de Christian di Maccio et ses musiciens ,  François Rauber et Alain Goraguer. Des moments mémorables pour l’amateur de chansons qui retrouve, regroupé en deux CD, ce moment charnière de l’œuvre de Gainsbourg.

(*) Disque Frémeaux & Associés
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