Avec Paco Ibàñez, l’année commence bien…

DSCN4736 - copiePour commencer 2013, je préfère faire souffler un vent d’ailleurs. De Barcelone où il était en concert le 28 décembre dernier au splendide Palau de la Mùsica, à un jet de pierre de la cathédrale. Célébrant les grands poètes latino-américains, Paco a, trois heures durant, signé un spectacle chaleureux. En ne perdant pas une occasion de rappeler que la révolte, ça nourrit la vie…

Paco sur scène, c’est l’anti tape-à-l’œil : une chaise, deux micros, un guéridon éclairé avec un grand verre d’eau DSCN4695 - copieplate dessus. Trois heures durant, seul à la guitare où entouré d’une belle brochette de musiciens -comme le contrebassiste français François Rabbath ou le maestro du bandonéon, César Stroscio (longtemps membre du Quarteto Cedron)- Paco Ibàñez a chanté, comme à son habitude, les poètes chers à son cœur. Le tout rythmé par des intermèdes où l’artiste dévoile quelques rencontres comme celle avec Pablo Neruda, croisé dans un ascenseur à Paris et qui le poussa à mettre en musique ses poèmes. Neruda, un des poètes au rendez-vous du nouvel album d’Ibàñez –Canta a los poetas latinoamericanos (*)- où il glisse sa voix encore chaude et rocailleuse sur des textes splendides de Alfonsina Storni, César Vallejo, Nicolàs Guillén ou encore Ruben Dario sans oublier ces vieux compagnons de musique : Garcia Lorca, Machado, Alberti, auteur du célèbre A galopar, que Paco fait reprendre à la salle entière en guise de chanson d’adieu provisoire.

Dans cette salle mythique de Barcelone où il est revenu poser ses bagages au début des années 90, Paco a montré une fois encore, comme le disait son vieil ami Léo Ferré, un chanteur peut faire descendre la « poésie dans la rue. » S’étant un jour défini comme « un exilé permanent pour toujours« , Ibàñez a certes vieilli, pris du poids mais n’a rien perdu de son sentiment de révolte devant tous les pouvoirs. Au détour d’une chanson, il brocarde le pacoengroupe« ministre de l »Education espagnol si mal éduqué », célèbre la résistance à la domination de la culture yankee et la rébellion face à toute autorité suspecte. Quand d’autres sont allés cahin-caha à la mangeoire offerte pas les pouvoirs, Paco a toujours cultivé ses chemins de traverse. S’il a connu exile et censure, ce n’est pas pour céder aux honneurs d’un moment. en 1983 et en 1987, il a refusé à deux reprises la médaille « des arts et des Lettres » offerte par Jack Lang. Ce n’est pas chez Paco que l’on verra « un ministre à la boutonnière« , autre emprunt du vieux Léo.

Sortir d’un concert de Paco au terme de trois heures de partage musical, c’est repartir gonflé à bloc avec les mots des poètes qui résonnent longtemps après dans sa tête. Et découvrir avec surprise comment un public catalan peut célébrer Brassens à l’unisson, soit en version française pour Le Parapluie, soit en version castillane avec La Mala reputacion. Dans un journal, il a dit que « chanter sur scène l’empêche de vieillir« . A l’écouter, cela fait le même effet dans ces époques de tiédeur et de mollesse des idées politiques… Comme il fait une série de spectacles en France (le 30 janvier, il sera au théâtre du Châtelet à Paris par exemple), ne manquez pas ce spectacle d’un artisan solide.

nuevo_disco_3_fr(*) Disque A Flor de Tiempo

Un lien pour écouter tout le concert
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