Les multiples vies du chanteur Vian

Fidèles à leur travail sur le patrimoine de la chanson, les Editions Frémeaux&Associés ont publié un coffret savoureux : Boris Vian et ses interprètes. On peut y mesurer combien l’artiste touche-à-tout marqua son temps aussi en chansons. Un document exceptionnel.

De sa naissance -le 10 mars 1920- à Ville-d’Avray à sa mort, le 23 juin 1959, Boris Vian a eu neuf vies. Journalisme, roman, chansons, musiques, scénarios… : il s’est essayé à tout. Vian est l’archétype de ces jeunes qui ont eu 20 ans en 1940, qui ont  subi la guerre sans y participer et qui ont un formidable appétit de vivre. Tout l’intérêt de ce coffret passionnant est de nous montrer toutes les facettes d’un artiste qui ne fut sans doute pas le plus grand chanteur interprète du moment mais a marqué de sa griffe bien des artistes. On y découvre quelques partitions vraiment originales.

Bien sûr, il y a Boris qui chante Vian, découvert par Jacques Canetti,  dans le premier CD du coffret avec des classiques de La Java des bombes atomiques au célèbre Déserteur qui fit scandale. Plus étonnant, une rareté signée Fredo Minablo pour une reprise décalée de Bambino où l’humour ravageur de l’auteur de L’Ecume des jours fait mouche.

Et puis, il y a l’artiste qui propagea le rock’n’roll en français et que l’on découvre sur le CD 2. Henri Salvador ouvre le bal de ce qui fut, au départ, une plaisanterie. En juin 1956, il enregistre sous le nom d’Henry Cording quatre titres dont Va t’faire un cuire un œuf man ou Rock en Roll mops dont les paroles sont farfelues à souhait. D’autres délires naîtront entre Boris et cet Henry là.

Au détour d’un titre, on est surpris de voir apparaître un certain Danyel Gérard dont la voix swingue sur l’adaptation de Where have you been Billy Boy ? (D’oû reviens-tu Billie-boy). De chanson en chanson, on est surpris tant de « saucisses » comme Vian surnommait ces « tubes ».

Pour la bonne bouche, le troisième CD réunit ses grands interprètes : de Mouloudji avec la très belle Valse jaune pas exemple, à Juliette Gréco, Elise Vallée, parfaite dans Je chasse en passant par l’incontournable Tango interminable des perceurs de coffres-forts, des Frères Jacques. Avec en prime quelques incunables comme Gstaad Pom Pom (musique d’Alain Goraguer) que les Quatre barbus chantèrent à l’origine dans un disque publicitaire destiné aux riches clients du Gstaad Palace !Même pour la pub, Vian a su placer son univers…

Vian a signé quelques 500 chansons dans sa vie-éclair. On mesure par ce coffret comment il a touché à tous les styles musicaux en neuf petites années. Un patrimoine à redécouvrir d’urgence. On attend la suite. Pour l’anecdote, on attend aussi un film pour 2013, celui de Michel Gondry adapté de L’Ecume des jours avec Audrey Tautou et Romain Duris. Sans oublier Gad Elmaleh et Omar Sy. Décidément Boris Vian n’a pas fini d’inspirer les autres artistes.

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