David McNeil dévoile son Olympia

Le 27 janvier 1997, David McNeil donnait un concert rare à l’Olympia. Cet auteur-compositeur discret avait invité à ses côtés bien des amis : Souchon, Charlebois, Renaud, Julien Clerc… Dans 28 boulevard des Capucines (*), il revient sur les coulisses de ce concert. Mais y passent aussi les silhouettes de Montand, Doisneau ou Chagall, son père… Simple et prenant.

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Un disque porte la trace du concert de l’Olympia 1997. Une chaleureuse réunion de talents : au gré des titres, David McNeil avait convié Julien Clerc, Laurent Voulzy, Alain Souchon, Renaud… à partager ses chansons en duo. Pour un final en forme de pépite où tous donnent de la voix sur Hollywood. Une chansonde McNeil que Montand rendit célèbre dans le monde entier. L’occasion de découvrir quelques perles d’écriture de cet auteur timide : Vieil homme au cœur tatoué, Rue Simon Bolivar, Les Photos de Doisneau ou encore Tiramisu.
On oublie souvent que ce natif de High Falls dans l’état de New-York -il y est né le 22 juin 1946- a signé les textes de quelques belles  chansons pour d’autres : J’veux du cuir, de Souchon; Hélène, Les Aventures à l’eau, de Julien Clerc… En parallèle, il a écrit aussi des romans, notamment  en 2003, Quelques pas dans le pas d’un ange, où il raconte la vie d’un petit garçon, lui, et d’un père pas vraiment banal, Marc Chagall.  Il soulignait à sa parution : «Adulte, je n’ai eu aucun rapport avec lui. C’est dommage. Ma demi-sœur, de 30 ans mon aînée, l’a connu plus que moi. Il était très mystérieux et je me souviens qu’il était aussi sans cesse très occupé. Il était lointain, mais aimant et sentimental avec ses femmes. Mais il ne donnait pas beaucoup de temps à ses enfants. Lorsque ma mère l’a quitté, je n’avais que cinq ans et demi. Par la suite, je suis allé en pension. Les occasions de le rejoindre dans le sud de la France étaient peu nombreuses.» Même s’il est devenu riche à la disparition de son père en 1985, l’artiste a gardé l’âme d’un errant. Il dit : « J’ai toujours été un vagabond, je crois l’être encore même si j’habite une belle maison. »

La plume de McNeil romancier est alerte, son écriture est de cette simplicité qu’il est si difficile à obtenir. On retrouve ce style dans 28 boulevard des Capucines. Ce n’est point le fastidieux récit d’un concert mais une promenade dans les souvenirs d’un artiste qui se souvient des facéties d’un Charlebois, capable de s’emparer sans crier gare du manche à balai d’un hélicoptère au grand dam du pilote,  ou raconte la naissance de certains titres. Ainsi Mélissa, écrite pour Julien Clerc. Elle lui fut inspirée par « le torse pudiquement dévoilé » de Halle Berry,  dans un film avec John Travolta. Il raconte la suite : « Mélissa parle d’un voyou qui loue des jumelles aux touristes passant devant la maison d’une jolie métisse, proposant une séance de voyeurisme élégant. Ma première idée était que le type louait des chevalets, des brosses et des couleurs pour « imiter Matisse ». Mais le génie du Cateau-Cambrésis était dans le creux de la vague, il n’était pas encore nouveau reconnu comme il l’est aujourd’hui, je ne m’en étais pas vraiment rendu compte. Julien m’a demandé de trouver autre chose. Ça m’a un peu déstabilisé, alors je lui ai proposé ceci : nous descendons dans la rue et nous demandons aux passants s’ils connaissent Matisse. Si au moins sept sur dix répondent positivement, on garde l’idée du peintre, sinon, et bien ! soit, je ferai autre chose. » Visiblement, les passants n’étaient pas très férus en peinture… De l’étrange destin d’un des plus grands tubes de Clerc.

Il y a bien d’autres chemins de traverse dans ce bouquin où l’on découvre aussi les talents de farceur de Doisneau. Mais il y est aussi question d’une étrange maison -pas bleue cette fois- dont McNeil fit l’acquisition à New-York. Et le lecteur découvrira encore comment Nougaro, en pleine inspiration, a écrit des poèmes sur tous les sièges en skaï gris de la Volvo de l’artiste qui l’attendait tranquillement dans un restaurant des Halles. Quelques belles tranches de souvenirs personnels et artistiques.

(Ed. Gallimard)

Hollywood (la version de l’Olympia et la chanson originale en 1972)
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