Daniel Darc dans la lumière

TV5 nous offre l’occasion d’entendre Daniel Darc, un artiste qui mérite bien mieux que tous les clichés destroy que l’on entend sur lui.  Avec son dernier disque, La Taille de mon âme, où il apparaît agenouillé dans une nef, il lance des mots comme des bouteilles à la mer. Epuré et beau.

Acoustic, TV5 Monde, samedi 31 mars, 15h30 et 23h45

Il le reconnaît. Pendant longtemps, il a « abusé de (son)corps. » Il y a chez Daniel Darc l’énergie d’un survivant à bien des paradis artificiels avec un corps marqué par de nombreux  tatouages comme les stigmates d’une vie antérieure. Aujourd’hui, c’est de l’histoire presque ancienne et l’ex-chanteur du groupe Taxi girl revient dans un septième album (*) qui exprime une force intérieure, comme une paix mystique. A l’image d’une pochette en noir et blanc où l’artiste semble prier…

Daniel Darc donne le sentiment à cinquante ans passés, d’avoir eu … neuf vies artistiques. Il reconnaît d’ailleurs ses errances créatrices. « Il me semble que quand on commence à se définir, on est mort. Je crois pas être un chanteur. Avant punk, je voulais être romancier. J’aurais aussi voulu être guitariste. J’ai flashé sur Elvis Presley mais je voulais être Scotty Moore, j’ai flashé sur Gene Vincent mais je voulais être Cliff Gallup, j’ai flashé sur Johnny Burnette mais je voulais être Paul Burlison. Mon rêve c’était d’être romancier puis guitariste junky. J’ai réussi qu’à moitié car je n’ai jamais su jouer de la guitare. »

En tout cas, l’homme sait s’entourer et avec Laurent Marimbert, il a trouvé un co-auteur inspiré et, de chanson en chanson, Daniel Darc nous emporte en douceur dans son monde avec des mots qui sonnent comme des petites litanies personnelles. Il prévient au détour de Les filles aiment les tatouages : « Moi jamais je ne m’engage/ Je ne prends pas de bagage/ Je voyage léger. » Quand il chante, une chose est sûre, Daniel Darc prend le temps de s’engager. De se livrer même.  Avec le mental d’un survivant comme le soulignent bien des mots de ces nouvelles chansons. Ainsi dans Vers l’infini : « Je ne bougerai pas aujourd’hui, penserai à mes amis/ A ceux resté, à ceux partis, à ceux partis… » Sobre, beau et émouvant. Que demander de plus à un disque et à un artiste ?  Et lui de conclure, provisoirement : « Je ne fais que parler de ce que je connais. Je connais des junkies, des mecs qui sont morts du sida, des voyous, des gangsters… Mon monde, c’est ça. »

(*) Disque Sony Music

A écouter

C’est moi le printemps

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s