Avec Melingo, ça tangue haut

Avec sa gueule de personnage de Corto Maltese, et sa voix abimée d’avoir beaucoup vécu, Melingo redonne un coup de fouet au tango des familles. Son nouvel album, Corazon & Hueso (*) est un régal.

Melingo est né le 22 octobre 1957 à Buenos-Aires, la ville où tout palpite au son des tangos. Mais, depuis 1985, il a posé son sac de voyage en Espagne, non sans avoir bien bourlingué auparavant et même vécut la movida espagnole au sein du groupe Lions in love, entre acid jazz et psychédélisme. De l’époque, il a conservé une amitié avec le grand photographe espagnol, Alberto Garcia-Alix, auteur de la pochette de son dernier opus.

Sept ans après son premier disque de tango sorti en France, le remarqué Santa Milonga, Melingo renoue avec les racines du tango, genre musical né dans les maisons closes de Buenos-Aires avant que des musiciens venus d’Europe ne se l’approprient non sans apporter un solide bagage musical. De son côté , Melingo y ajoute son jeu de clarinette qui fait sonner certains morceaux comme de la musique klezmer… Car l’homme a un bagage classique certain.

Amateur de métissage, il n’hésite pas à lorgner du côté de la Grèce de son grand-père en faisant sonner un bouzouki dans la chanson-titre. Comme un pont avec une autre musique des bas-fonds et le « rebetiko », ce blues des années 20, affectionnés des taulards et des amateurs de hasch. Surnommé « El Negro » par ses proches -en Argentine, on manie le surnom comme le bandonéon- Melingo donne envie de replonger dans les racines de cette musique qu’il a connue au biberon. « Mes oncles maternels étaient des personnages de Parque Patricios, le quartier ouvrier où j’ai grandi. Ils marchaient et s’habillaient tango, ils s’exprimaient en « lunfardo », la langue des voyous. »

Même si leur parcours est radicalement différent, on se demande si Melingo ne pourrait pas, avec son talent et ses allures à la Tom Waits, connaître demain en France le destin d’un artiste italien : Paolo Conte… Plus connu à ses débuts chez nous que dans son pays d’origine et qui promène ses airs de dandy désabusé sur scène comme dans la vie.

(*) Disque Harmonia Mundi
Melingo en scène.
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