Au revoir Cesaria

Fatiguée, épuisée par des tournées aux quatre coins du monde, Cesaria Evora a annoncé qu’elle se retirait définitivement de la scène. Une grande voix prend le large.

A force de trop jouer avec le feu, celle de ses cigarettes qu’elle allume à la suite, à ne pas suivre de régime et à jouer avec les fuseaux horaire, Cesaria Evora, le plus célèbre capverdienne du monde, a mis sans santé à rude épreuve. Dans une interview excellente à Véronique Mortaigne du quotidien Le Monde, elle a donc annoncé mettre un terme à sa carrière. « Je regrette infiniment de devoir m’absenter pour cause de maladie, j’aurais voulu donner encore du plaisir à ceux qui m’ont suivie depuis si longtemps », a t-elle dit.

 

Il reste plus aux amateurs de morna, ce blues des îles, de la ré-écouter. Et à ceux qui ont croisé pour une interview la diva aux pieds nus de se souvenir. Je me souviens donc de l’hôtel de la rue Cardinet où elle donnait rendez-vous dans le 17ème à Paris, tout près d’un restaurant portugais où elle avait ses habitudes. Utilisant les services d’un traducteur, elle captait pourtant suffisamment bien le français pour interrompre la traduction et lancer un mot d’humour. Je me souviens de son arrivée, tongs aux pieds et nombreuses parures en or, avec, à la main, trois paquets de cigarettes. Je me souviens de son sourire quand on lui avouait connaître son « petit pays », ce Cap Vert qu’elle chante si bien. « Vous auriez dû venir me voir…. »  Je me souviens de son sourire qui éclairait son visage buriné par les ans et du rire qui surgissait au détour d’une conversation.

Des fleurs pour une carrière atypiqueJe me souviens encore d’un après concert, à l’Olympia je crois, où elle proposait de partager sa cachupa, sort de ragoût de chez elle dont les ingrédients de base sont le maïs et les haricots secs. Je me souviens aussi, surtout et enfin, de ses apparitions scéniques où elle pouvait s’interrompre pour, cigarette au bec, prendre le temps de vivre. Cesaria Evora, une carrière au long cours…

Repères

27 août 1941 : naissance sur l'île de Sao Vicente dans l'archipel du Cap-Vert
1958 : mort de son père. Cesaria chante pour une misère dans les bars, à la radio ou chez les dignitaires.
1990 : le futur producteur José da Silva, alors aiguilleur de la Société nationale des chemins de fer français, croise sa route.
Il va se battre pour la faire connaître et devient son producteur. Depuis, l'interprète de "Sodade" a vendu plus
de six millions de disques dans le monde entier...

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3 réflexions au sujet de « Au revoir Cesaria »

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