Cat from Paris

Trente sept ans après son dernier spectacle à Paris, Cat Stevens, désormais Yusuf depuis sa conversion à l’Islam, a donné à Bercy le jeudi 26 mai un concert chaleureux, placé sous le signe de la paix.

Barbe et cheveux courts et poivre et sel, Cat Stevens n'a rien perdu de sa fougue

L’entrée était empreinte de modestie. Petite silhouette débarquant sur la grande scène de Bercy, Cat Stevens attaquait par trois morceaux dans la pure tradition folk, guitare et voix. Très vite, le public parisien s’est rendu compte que trois décennies de silence,  dévolues à sa conversion à l’Islam n’avaient pas fait oublier à ce vieux Cat son sens des tubes pop-folk inoxydables. Même si son heure de gloire remonte aux années 1960-1970 et à l’atmosphère politique du flovers power, l’homme n’a perdu ni sa voix, ni son toucher de guitare et sait faire montre d’humour. A une spectatrice qui lui hurle : « Je t’aime« , il répond au tac, « je t’aime aussi » avant d’ajouter : « Mais ma femme est en coulisses et c’est elle que j’aime avant tout. Avec vous, c’est une autre forme d’amour. » Succès garanti pour public qui brandit son mobile même si des vétérans de la grande époque préfère allumer un briquet chaque fois que l’artiste reprend un tube de cet artiste, aujourd’hui âgé de 63 ans.

Deux heures durant, Cat Stevens a aligné ses tubes comme Wild Word , un inédit Doors et des morceaux tirés de ses deux derniers albums : Antoher cup (2006) et Roadsinger (2009). Avec un clin d’œil, via un clip, à Boots and sand. Ou il se moque, à sa façon de son interdictions d’entrée aux Etats-Unis en 2004. Un clip où apparaît notamment une certaine Dolly Parton, poupée survitaminée du folk made in USA.

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Pour le reste, ceux qui craignaient un prêche de Cat Stevens sont restés sur leur faim. L’homme se contente de saluer la paix, les révoltes pour la liberté des peuples arabes avec sa chanson récente à ces foules dédiée : People. C’est donc l’émotion qui reste de ce show sans grandiloquence, parfois vieillot même dans l’utilisation des diapositives naïves animées sur les trois écrans de la scène. Ainsi quand il chante Trouble, texte poignant composé à 19 ans quand le jeune Cat se soignait dans un sanatorium. « J’avais passé un an entre la vie et la mort », a t-il dit. On est bien loin des errances passées de l’artiste qui, en 1989, avait jugé conforme avec le Coran la fatwa de Khomeyni contre l’écrivain Salman Rushdie.  Cat est redevenu Stevens sur scène. Enfin. Son fils a eu une riche idée de passer voir son père avec sa guitare en 2001 : après l’avoir prise pour jouer quelques accords, le virus de la musique a fait son œuvre. « Tout est revenu naturellement » dit-il. Le chemin de la scène s’imposait. Cat n’a pas manqué son retour…

SOUVENIRS DE BERCY

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