Lavilliers on the road… toujours

17ème album de la meilleure veine : Lavilliers, 64 piges au compteur, n’a rien perdu de ses colères, de ses passions. Et de son appétit de tout bouffer. Il se promène sur toutes les routes de France avec un spectacle  plein de punch.


Bernard Lavilliers « Angola » en duo avec Bonga from Barclay on Vimeo.

Tropical – Il l’a raconté : il doit une fière chandelle à François Mitterrand qui lui souffla naguère que sa formule pour définir sa vie d’artiste sonnait comme le titre d’un disque : « Causes perdues et musiques tropicales ».  Cette musique métissée dont Lavilliers n’a pas attendu la vogue pour s’en inspirer baigne ce nouvel opus. Avec, en  ouverture, le beau duo avec Bonga, Angola. Il y en a d’autres au gré des plages : L’Exilé, Cafard, en compagnie du Spanish Harlem Ochestra., clin d’œil du côté d’un classique de Mercedes Sosa…le xote brésilien de Coupeurs de cannes, façon Sertaõ Parfois, le solo d’un cuivre vient donner une douce couleur à ses mélodies ainsi dans La Côte des squelettes avec le bugle tenu par Olivier Rodson.

Voyages – Pour le Stéphanois, la musique, c’est du partage. Il a le don d’inviter des grands noms qui donnent une vraie identité à son univers. Hier, Cesaria Evora, Tiken Jah Fakoly, Tryo… aujourd’hui Bonga, belle voix grave venue d’Angola et vraie expression des luttes anticoloniales d’Afrique et d’ailleurs. Par ailleurs, Bonga est un vrai homme de scène, ce qui n’est pas pour déplaire à Nanard.

Paroles – Depuis le début, profitant d’un sens du phrasé, ce digne successeur d’un Léo Ferré a su manier le texte brut sur des musiques qui cognent. Depuis son 13ème Round, marqué des sonorités d’un ring, il se laisse aller à dire au gré de son inspiration. Cette fois, le mouvement l’habite dans Je cours, chanson portée par une rythmique béton. Déroutante mais originale. Lavilliers tente souvent : il aurait tort de s’en priver.  Politiquement, il remet le couvert dans Identité nationale qui résonne comme la suite logique d’une chanson vieille de quinze ans, Troisièmes couteaux. Elle était un brin prémonitoire.

Séduction – Il y a toujours chez cet artiste dont la passion pour la boxe lui donne des allures de macho – un look qu’il aime au demeurant cultiver- une vraie admiration-fascination pour la femme. Elle lui inspire la belle chanson de séduction noctambule, La nuit nous appartient. En quelques  minutes, on plonge dans un court-métrage mystérieux et calliente.

Politique – Lavilliers sans la révolte, c’est Ferré dans rage. L’homme aime manipuler le pamphlet : il le prouve dans Identités nationales où il stigmatise « Les petits marquis/ Qui te prennent pour un con/ Avec une arrogance/ Du temps de Napoléon… » Et, encore du côté de Léo, il faut voir la référence de son Y en a marre. Et puis, pessimiste gai, Lavilliers lance une maxime perso dans « Causes perdues » : « Guerroyez les moulins, les nuages/ N’oubliez rien de vos rêves fous ».

Paris blues – On a beaucoup glosé sur les voyages lointains de Lavilliers : de Caruaru, capitale de la misère nordestine à Saigon, Rio… Il a aussi souvent laissé traîner sa plume au gré de ses errances hexagonales : Lyon, Cannes, Marseille, Paris et encore Paris. La capitale lui inspire une salsa où la nuit se conjugue avec le cafard d’une ville désormais trop rangée, un « paname stérilisé, ringard…. ». Mais, c’est , au final, quand il pose son sac à terre, que Lavilliers a l’inspiration la moins forte. Comme si les horizons nouveaux décuplaient son énergie. F.C.

Scène – Il revient aux Palais des sports à Paris fin mai. Une piqûre de rappel pour ceux qui n’ont pas vu le très beau show de l’Olympia où Lavilliers revisitait avec beaucoup de finesse son répertoire. Avec le bassiste Thierry Fanfan, il a notamment offert des versions splendides, portées par des percussions de toute beauté, de ses reggae les plus fameux comme Stand the ghetto. Un artiste en super forme et qui garde intacte sa capacité à se battre pour des idées. Même si, parfois, le discours sur scène enfonce quelques portes ouvertes, son enthousiasme reste vraiment communicatif.

Concert Bernard Lavilliers à l’Olympia from Barclay on Vimeo.

(*) Disque Barclay – Dates de  tournée  sur http://www.coullier.com

L’œil journaliste

INFO +

En signant « Les Vies liées de Lavilliers » chez Flammarion , Michel Kemper comble un vide : écrire la première vraie autobiographie sérieuse du Stéphanois, qui n’a jamais fait mystère de son peu de goût pour le genre. Admirateur mais pas béat, l’auteur passe en revue les mille vies de l’artiste pour tenter de trouver la vraie. Un pari audacieux mais gagné. C’est documenté, enrichi de nombreuses interviews. Tout y  est bon ou presque… sauf le titre.

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